
Petite fleur en pleine métamorphose,
Ô fleur à peine éclose,
Que déjà tu aspires à avoir des ailes,
Petite abeille, fleur de miel.
Jeune fier et arrogant papillon,
Tout juste sorti de ton cocon,
Drapé de tes atours tu voltiges,
Le vent te poussant lentement jusqu’au vertige.
Que ne te faut- il faire pour plaire,
Jeune inconsciente prête à complaire !
Pour son plaisir attiser les désirs,
C’est allumer le feu qui te fera souffrir.
Quelques pensées hasardeuses,
Sont parfois pires que des mains baladeuses,
Ne les incite sous quelque prétexte,
Sous peine d’être coupables à deux en dépit du contexte.
Ex innocente redescend de tes chimères,
Car tous les hommes sont machos dans l’univers.
La société en a dompté la plupart,
Mais les instincts du fauve sont à l’affût quelque part.
Je sais que tu voudrais juste te sentir belle,
Je sais qu’être aimée est pour toi essentiel,
Je sais que tu ne fais que répondre à un besoin existentiel,
Mais sais-tu que la causalité est la loi de ce monde cruel ?
Ô jeune fille, choisit tes tenues
Avec un peu plus de retenue.
Si tu ne veux être le plat principal du menu,
Evite de sortir presque nue.
La mode dit-on, juste ce qu’ont trouvé des hommes
Quelque temps après l’histoire de la pomme
Pour te refaire porter le chapeau, une fois de trop.
Juste le moyen d’expression de leurs fantasmes, sur ta peau.
Cette mode encouragée par des femmes,
Innocentes ou coupables je ne juge pas ces dames,
Mais ne te fie point au discours de quelque folle,
Qui t’invite sans te dire ou mène l’envol.
Dans ces haillons redessinés, ce qui plaît
Ce n’est pas toi mais ce qui du dessous paraît.
Ainsi tu te sens aimée quand tu es juste désirée,
Tu verras la réalité quand sur toi il se sera épuisé.
Dis moi qu’aujourd’hui c’est normal de se laisser admirer
Au prix de n’être pas considéré pour plus qu’un objet
Et ainsi de la sottise pousser l’audace
Jusqu’à être fière de ce qui devrait faire perdre la face.
Quand on prenait enfin la femme pour plus qu’un objet de satisfaction,
Tu dis que tu as envie d’exprimer ton pouvoir de séduction,
Dégradant une estime qui fut longue à conquérir,
Dans le cœur d’un homme que par ce moyen tu ne sauras quérir.
Tu te sens désirée belle et sensuelle
Oui, on le connaît ton hymne éternel
Mais tu convoites son cœur et lui ton corps,
Ton propre malheur causé par ton tord !
Tobhiry Lionel BAMBARA.